Astuce n°4 : Faites la différence entre un traducteur et un interprète

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Lors d’un échange téléphonique en anglais, vous découvrez que votre traducteur ne s’exprime pas bien du tout dans cette langue. Pire, il ne semble pas tout saisir. Du coup, vous vous demandez s’il est vraiment compétent. Qu’en penser ?

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Que demandez-vous à votre traducteur francophone ?

Son rôle est de rédiger en français un texte qu’il reçoit en anglais. Si votre traducteur traduit vers sa langue maternelle, c’est pour une bonne raison : il la maîtrise parfaitement. Il s’engage à produire un message écrit impeccable dans cette langue.

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Mon collaborateur lui a parlé en anglais, il ne semblait pas tout saisir.

Mais l’oral n’est pas du tout le métier de votre traducteur. Il n’est pas formé pour comprendre un message formulé oralement mais à l’écrit. La vitesse d’élocution, les accents, et autres contraintes typiques à l’expression orale ne lui sont d’aucune utilité dans son métier. Il part de textes écrits.

La situation peut aussi jouer un rôle important. Je vis en Italie. Lorsque je décroche le téléphone, si le numéro de mon interlocuteur ne s’affiche pas, je m’attends à entendre parler italien et je décroche avec un « Pronto » souriant. Si, en plus, je suis plongée dans une traduction de l’italien vers le français, je serai surprise qu’on me parle dans une autre langue et  faire passer mon cerveau en mode anglais risque d’être laborieux les premiers instants.

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Mais je l’ai entendu parler, il n’est pas très bon.

Une fois de plus, c’est exercice n’est absolument pas représentatif de ses compétences en matière de traduction. Il n’est pas formé à émettre un message en langue étrangère, et encore moins oralement.

Traducteur et interprète, deux métiers différents
Traducteur et interprète, deux métiers différents

Prenons un exemple concret : les traducteurs littéraires anglais>français.

J’ai eu l’occasion de rencontrer plusieurs traducteurs littéraires lors de conférences et la plupart s’expriment assez mal dans leur langue source. Ils ont d’ailleurs régulièrement recours à des interprètes que ce soit pour comprendre les questions des intervenants anglophones ou pour leur répondre. Ils donnent le plus souvent leurs conférences en français, pas en anglais. Pourquoi ? Simplement parce qu’on leur demande de se livrer à un exercice auquel ils ne sont pas formés et, comme ils tiennent à faire passer leur message avec précision, ils s’expriment dans leur langue maternelle.

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Un interprète s’exprime oralement, un traducteur s’exprime par écrit

La démarche intellectuelle est très différente dans les deux cas.

Le mode de traitement de l’information, les moyens mis à notre disposition, les différentes contraintes, … beaucoup de « détails » séparent le travail d’un interprète de celui d’un traducteur.

Il n’est pas étonnant que votre traducteur soit moins bon à l’oral qu’à l’écrit. Si vous avez besoin de quelqu’un de compétent à l’oral, faites appel à un interprète.

Certains traducteurs sont néanmoins excellents à l’oral également mais ce n’est ni une règle, ni un gage de qualité en matière de traduction.

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Êtes-vous quelque peu rassuré ?

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