Que coûte une traduction ?

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Vous ignorez comment évaluer le prix d’une traduction ? Ces quelques informations devraient vous aider à y voir plus clair.

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Comme promis dans l’article précédent, nous allons nous pencher sur le délicat sujet des tarifs.

Avant tout, il est important de rappeler qu’une traduction peut avoir différents objectifs : vous permettre de comprendre le contenu global d’un message, vous communiquer ou transmettre des informations d’importance moyenne, transmettre votre message à vos clients, représenter votre marque ou votre société ou encore communiquer des informations d’importance capitale pour des installations ou des personnes. Dans le cadre de votre entreprise, vous connaissez le coût de la surqualité. Dans le cadre de la nôtre, nous mettons tout en œuvre pour cerner au mieux vos besoins et nous étudions en ce moment la création de cahiers de charges précis. Nous ne manquerons pas de vous tenir informés.

Mais ce qui nous préoccupe aujourd’hui, c’est de vous donner une idée générale des tarifs.

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Dans le vif du sujet

La dernière enquête de la SFT (Société française des traducteurs) relative aux tarifs, datant de 2009, nous apprend que, pour les paires de langues que nous traitons (anglais et italien vers le français) :

  • le prix moyen d’une traduction pour un client direct (vous) est de 0,14 euros par mot source (mot dans la langue à traduire)* (soit 0,15 € en 2016**)
  • les tarifs les plus fréquemment appliqués varient entre 0,09 €/ms et 0,19 €/ms (soit entre 0,095 €/ms et 0,205 €/ms en 2016**)
  • le tarif minimum demandé est de 0,01 €/ms
  • le tarif maximum est de 0,50 €/ms (soit 0,535 €/ms en 2016**)
  • 65% des traducteurs produisent entre 200 et 400 ms/heure***

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* Notez que cette indication peut servir de base pour la plupart des langues ayant le même rapport nombre de mots source/nombre de mots cible (pas l’allemand, le japonais ou le hongrois, par exemple) et étant aussi « communes » (le russe, le chinois, le finnois, le norvégien, l’azéri ou encore le grec, entre autres, atteignent des tarifs plus élevés).

** Les tarifs de 2016 sont calculés sur base d’une inflation de 7,12 % (index FRCPII1998 de l’INSEE).

*** Par produire, on entend traduire et réaliser au moins une relecture personnelle.

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Que coûte un ingénieur ? Que coûte un traducteur ?

Considérant que votre traducteur produit 300 ms/h au tarif de 0,15 €, cela représente un tarif horaire de 45 €.

Pour un travailleur indépendant, souvent détenteur d’un diplôme universitaire, le tarif ne semble pas exagéré, vous en conviendrez.

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Qu’est-ce qui justifie de tels écarts de prix (de 1 à 53 cents par mot source) ?

Le type de traduction : Votre traduction traite-t-elle d’un sujet général ou nécessite-t-elle d’amples recherches ?

Différentes caractéristiques définissent le tarif d'une traduction.
Quelles options désirez-vous ?

Le but de la traduction : Est-elle destinée à votre usage personnel, pour information, ou sera-t-elle publiée sur votre site internet ou via un autre média ?

Le délai : Votre traduction est-elle urgente ? À quel point ?

La situation de votre traducteur : A-t-il un statut officiel ? Ses revenus sont-ils déclarés ou propose-t-il un service « en noir » ?

L’assurance qualité : Votre traducteur a-t-il contracté une assurance pour ses traductions ? Dans quels outils a-t-il investi pour assurer un meilleur service ? À combien de relectures la traduction est-elle soumise et par qui ?

Votre traducteur : Quelles sont ses références ? Depuis quand exerce-t-il ? Est-ce un spécialiste ou un généraliste ?

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Pourquoi le client direct paie-t-il plus cher qu’une agence ?

Dans un prochain article, nous aborderons les étapes d’une traduction.

Pour synthétiser, une traduction doit généralement être suivie d’une relecture (au moins). L’idéal serait que cette relecture soit réalisée par une personne autre que le traducteur.

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Si un traducteur remet une traduction à un client direct (vous), il doit demander à un collègue de réaliser la relecture et cela a un prix. Votre traducteur vous facturera évidemment l’entièreté du travail et paiera son relecteur.

Si un traducteur travaille en sous-traitance, il n’est pas responsable face au client final (vous) de la qualité de son travail. Les frais de relecture sont à charge de l’agence.

L’expérience m’a malheureusement prouvé que certaines agences ne réalisent pas de relecture et même qu’il arrive à l’un ou l’autre responsable de projet de livrer des documents sans les avoir ouverts. C’est un moyen (irresponsable) d’augmenter la marge bénéficiaire ou de réduire les tarifs.

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Évidemment, une fois que l’agence aura ajouté le prix de la relecture à celui de la traduction et pris sa marge bénéficiaire, le montant final sera supérieur à celui que vous aurait facturé votre traducteur pour le même service.

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Et ces agences qui offrent des tarifs bien plus intéressants ?
Quel est le prix d'une traduction ?
Économiser, oui. Mais la qualité sera-t-elle au rendez-vous ?

Nous l’avons vu, le tarif dépend de nombreux paramètres. Mais, vous, qui connaissez la réalité d’une entreprise, n’oubliez pas qu’une agence de traduction est avant tout un intermédiaire qui emploie le plus souvent des sous-traitants. Le tarif que vous demande une agence est donc calculé comme suit : tarif du traducteur (+ tarif du relecteur) + marge.

Si une agence vous demande 30 cents/ms pour un texte moyennement technique, cela signifie généralement qu’elle emploie un traducteur compétant ainsi qu’un relecteur (ou réalise la relecture en interne) . Qu’en est-il d’une agence qui ne vous demande que 6 cents par mot source ?

Un collègue a mené son enquête il y a quelques jours : il a contacté une agence qui propose des traductions dans un grand nombre de paires de langues, au tarif de 6 cents/ms. Le project manager lui a annoncé que le tarif qu’ils offrent (généreusement) à leurs traducteurs indépendants est de 1 cent/ms. On est en droit de se demander quels traducteurs acceptent de travailler à ce tarif (toujours à raison de 300 ms/h = 3 €/h !!!). Je n’ose imaginer le tarif du relecteur (généralement entre 20 et 30% du tarif du traducteur), si relecteur il y a, et la qualité de la traduction.

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En guise de conclusion

L’étude présentée par la SFT date de 2009. Le coût de la vie a augmenté et les salaires également. La crise économique et la concurrence au niveau mondial (puisque nous travaillons principalement via Internet) ont quant à elles incité les traducteurs, comme d’autres entrepreneurs, à adapter leurs tarifs à la concurrence.

Aujourd’hui, que vous vous adressiez à une agence ou à un traducteur, si vous désirez une traduction correcte, soumise à au moins une relecture et dans un domaine accessible, vous devez vous attendre à un tarif allant de 12 à 20 cents par mot source.

Si vous désirez une qualité supérieure (transcréation, plusieurs relectures, …) pour une diffusion massive, si votre document nécessite l’utilisation de programmes spécifiques (AutoCAD, InDesign, …), si le sujet est hautement technique (ingénierie, droit commercial, médecine, fiscalité, …) ou si le travail doit être réalisé en urgence (n’oubliez pas qu’un traducteur traduit en moyenne 300 ms par heure), un tarif inférieur à 35 cent/ms est difficilement crédible.

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Enfin, n’oubliez pas que votre traducteur est aussi votre conseiller. Ensemble, vous pourrez probablement mettre sur pied des stratégies pour réduire votre budget traduction sans pour autant mettre votre image en péril.

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Il vous reste des questions ? Vous avez un avis à partager ? N’hésitez pas à laisser un commentaire.

Une Réponse

  1. […] Un indépendant qualifié gagne au minimum 50 €/h. Sachant qu’un traducteur traduit en moyenne 300 mots/h, cela représente environ 0,16 €/mot. Un relecteur peut généralement réviser 1 000 mots/h (soit 0,05 €/mot). Une traduction générale de qualité, sans mise en page particulière et réalisée dans un délai normal par des professionnels vous coûtera donc environ 0,20 €/mot. Nous avons déjà abordé le sujet ici. […]

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